Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 18:51
Il n’est pas de son plus mélodieux que celui des froufrous d’une robe en soie de grand couturier. Il n’est pas de lumière plus rayonnante que l’éclairage tamisé d’un restaurant élégant. Il n’est pas de sensation plus douce que la caresse d’un manteau de fourrure rare. Il n’est pas de parfum plus entêtant que le mélange des fragrances les plus coûteuses. Je souriais au bras de mon jeune fiancé, il me lançait des regards énamourés. La salle entière s'était retournée pour nous voir entrer. Les conversations s'interrompirent pendant une seconde à peine puis reprirent, léger bourdonnement qui nous accompagnait alors que le maître d'hôtel nous menait à notre table. La fille du joaillier nous rejoignit en exhibant le solitaire qu'on lui avait offert le matin même afin que l'assistance puisse le voir. Son père se tenait en retrait, comme d'habitude, il regardait discrètement lesquelles des dames n'étaient pas parées de ses créations, composant mentalement une liste de clientes potentielles. Le maître d'hôtel nous tendit les menus avec une politesse affable, nous conseillant gracieusement un plat, en sachant parfaitement que nous nous inclinerions devant son choix. Dans une dernière révérence, il retourna aux cuisines. Mon fiancé entama la discussion de sa voix si bien accordée aux harmonies de la harpe qui jouait dans le fond. Je le regardais, tout en participant joyeusement aux potins qu'on répandait à ma table. Il avait tout de la perfection même. Il était fait de cet air qu'il respirait, de ce parfum de richesse, de cette odeur de luxe. Tous, autour de la table, étaient de la même étoffe. La fille du joaillier brillait de tout son être, encore plus que le diamant à son doigt fin. Elle était entourée d'un nuage d'innocence, une odeur presque palpable pour moi qui étais à côté, une odeur légère de fleur d'appartement qui flottait tout autour d'elle. Son père exhalait le parfum lourd et capiteux d'un homme complaisant qui était fier de mériter sa richesse. Je savais qu'ils ne s'en rendaient pas compte. Il y avait trop de ces parfums, aucun n'était nouveau à leurs yeux.
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Par Psycho - Publié dans : psychometrer
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